Grand masque Inua céphalomorphe 2 visages sur socle métallique et bois noir – Artefact style Yupik – Canada / Alaska – Collection ethnique
Grand masque Inua céphalomorphe 2 visages traditionnellement utilisé lors de cérémonies chamaniques Yupik – Peuple esquimau, eskimo, inuit d’Alaska
Le style complexe et surréaliste est typique des masques ritualisés des Yupiit de l’ouest et du sud-ouest de l’Alaska.
La figure centrale représente un visage anthropomorphe symbolisant l’esprit, l’âme Inua, force vitale ou l’esprit intérieur d’un être.
Les yeux plissés et la bouche neutre évoquent le monde invisible des esprits.
L’extension verticale se terminant par une tête humaine symbolise la connexion entre le monde terrestre et le monde céleste/spirituel.
La structure est encerclée par un cerceau extérieur en bois auquel sont rattachés des appendices sculptés – des bras, des petites figures au sommet et des pièces latérales symbolisant le monde spirituel et des animaux protecteurs.
Les bras grands ouverts aux extrémités découpées évoquent un appel aux esprits ou une posture de transformation.
Les piquets fixés sur les côtés du cerceau représentent les rayons ou ponts cosmiques reliant le chaman aux différentes dimensions du monde Yup’ik.
L’espace entre le visage et le bord du cercle de bois qui l’entoure symbolise l’air.
Sculpté en bois flotté de récupération, il arbore des pigments naturels (blanc, bleu et rouge) caractéristique de cet artisanat.
Le verso montre la cavité évidée et l’arceau de maintien traditionnel.
Ces masques étaient créés par un chaman angakkuq, puis portés par des danseurs lors de fêtes hivernales , comme le Kelek, pour apaiser les esprits du monde naturel et assurer des chasses fructueuses.
Masque ancien présentant des traces d’usure.
Les masques cérémoniels
Le peuple Yupik est célèbre pour la fabrication de masques cérémoniels.
Leur aspect varie en fonction de leur usage, allant de petits masques de doigts à de grands masques nécessitant plusieurs porteurs.
Cependant, il existe des normes qui sont strictement respectées.
Ainsi, les masques sont créés spécifiquement pour une occasion et d’après le rêve du chaman : il faut que l’esprit soit apparu pour qu’on puisse le représenter correctement.
S’il ne le fabrique pas lui-même, il indique au sculpteur ce qu’il doit faire.
Chaque masque est unique et sa fabrication est sujette aux désirs et à la sensibilité du sculpteur.
Il pioche dans un répertoire commun de formes mais se les approprie et les adapte.
Les Yupiit pouvaient donc dans un masque reconnaître la vision et le style d’un sculpteur.
Jusqu’à récemment, la capacité d’un homme à sculpter un masque était considérée comme aussi fondamentale que celle de manger et de respirer.
Les plus doués avaient le privilège de se voir confier la réalisation des masques pour le chaman.
La fabrication débutait par la collecte du bois, spécifiquement récupéré pour l’occasion et soumise à des rites particuliers, afin de respecter le Yua.
Le sculpteur suivait ensuite les directives du chaman pour la forme de l’objet, puis le peignait et terminait par l’ajout des différents éléments rapportés.
Peindre le masque avec des pigments naturels, c’était le rendre visible au monde des esprits…
Ceux-ci étaient souvent brûlés après les cérémonies, d’où la rareté des traces archéologiques.
Le masque était porté par le chamane lors d’une cérémonie, il devait lui permettre d’entrer en relation avec les esprits.
Il traduit le lien qui unit l’homme, l’animal, la nature et les esprits.
Les Yupiit croyaient que tout être vivant avait une âme et pouvait se réincarner dans une autre forme, notion incarnée dans ce visage.
« Le peuple Yupik » à lire sur le blog Oviry www.oviry.fr/le-peuple-yupik/
- Esprit inuit – Inua
- Artefact style Yupik
- Canada – Alaska
- Mi XXe
- Masque : 37 x 10 x 50 cm
- 37 x 15 x 63 cm
- Poids : 2.292 kg
















